DPGF : définition, rôle et structure complète pour les maîtres d'œuvre
La DPGF est le document sur lequel se joue la consultation. C’est elle que les entreprises reçoivent, complètent et renvoient avec leur offre. C’est elle que vous devez comparer pour choisir l’attributaire. Et c’est elle que vous signez, une fois les prix négociés, pour constituer le marché.
Pourtant, elle reste mal comprise, confondue avec le CCTP, parfois assimilée au DQE, souvent produite en dernier et à la va-vite depuis un tableau Excel bricolé. Ainsi, il y a un risque d’avoir des offres qui ne sont pas comparables entre elles, des quantités interprétées différemment par chaque entreprise, et des écarts qui auraient pu être anticipés.
Selon une enquête menée par SOC Informatique auprès de plus de 200 professionnels du BTP, 33,5 % des acteurs citent le manque d’outils adaptés comme l’un des premiers freins à leur rentabilité. La production des pièces écrites et notamment la DPGF concentre une part importante de ce problème, ou le manque de cohérence entre le CCTP et la DPGF.
Cet article vous donne une définition précise, la structure standard à respecter, les erreurs les plus fréquentes et la méthode pour produire une DPGF fiable quelle que soit la taille de votre opération.
Qu’est-ce qu’une DPGF ?
La DPGF (Décomposition du Prix Global et Forfaitaire) est un document de consultation. Le maître d’œuvre ou l’économiste la produit avant d’envoyer le dossier de consultation des entreprises (DCE). Elle sert à demander aux entreprises de chiffrer les travaux poste par poste, en renseignant leurs prix unitaires sur la base des quantités estimées.
Son nom vient du mode de passation le plus utilisé en construction privée : le marché à prix global et forfaitaire. Dans ce cadre, l’entreprise s’engage à réaliser les travaux décrits pour un montant total déterminé à la signature. La DPGF est le document qui formalise cette décomposition avant que le prix soit arrêté.
Télécharger un modèle DPGF gratuit
Ce que la DPGF n’est pas
Elle n’est pas une simple liste de prix. Ce n’est pas non plus un document contractuel en soi, c’est sa version validée et signée (le DQE marché) qui devient contractuelle après attribution. Pendant la phase de consultation, la DPGF reste un document de travail, modifiable jusqu’à la négociation finale.
Elle ne remplace pas non plus le CCTP. Le CCTP décrit ce que l’entreprise doit faire (les prescriptions techniques, les matériaux, les normes applicables). La DPGF dit combien ça doit coûter et comment le chiffrage est décomposé.
DPGF, CCTP, DQE : quelles différences ?
Ces trois documents sont étroitement liés mais jouent des rôles distincts dans le processus DCE. Les confondre crée des incohérences qui se répercutent jusqu’en phase chantier.

La continuité entre ces trois documents est essentielle. Un CCTP et une DPGF dont les arborescences divergent des lots qui ne correspondent pas, des chapitres dans un ordre différent génèrent des comparaisons d’offres impossibles à mener avec rigueur. Les entreprises chiffrent ce qu’elles veulent, dans l’ordre qui leur convient, et la mise en concurrence perd tout son sens.
C’est pourquoi la DPGF doit reprendre exactement la même arborescence que le CCTP : mêmes lots, mêmes chapitres, même numérotation. Un changement dans l’un doit se répercuter automatiquement dans l’autre.
Structure type d’une DPGF
Une DPGF bien structurée suit toujours la même logique : une décomposition par lots, des prestations détaillées à l’intérieur de chaque lot, et les colonnes permettant le chiffrage.
Les colonnes indispensables
Quelle que soit la taille de l’opération ou le type de marché, une DPGF doit contenir les six colonnes suivantes :

Exemple de DPGF simplifiée : Lot 03 Cloisons / Doublages
Remarque : la colonne « PU HT » reste vide à l’envoi. C’est l’entreprise qui la renseigne lors de la remise de son offre. La colonne « Total HT » est calculée automatiquement par le logiciel ou par formule Excel à la réception.

Le cas de la colonne « Quantité entreprise »
Dans certains marchés, notamment les marchés publics, il peut être utile d’activer une colonne supplémentaire permettant à l’entreprise de renseigner ses propres quantités, distinctes des quantités estimées par le maître d’œuvre. Cela se fait si vous souhaitez que l’entreprise vérifie ou amende les métrés.
Attention : activer cette colonne change la logique du comparatif d’offres, puisque les montants ne sont plus calculés sur la même base. À utiliser uniquement si votre dossier de consultation le prévoit explicitement.
Checklist DPGF : Vérifiez vos documents avant envoi en consultation
Structure, colonnes obligatoires, cohérence avec le CCTP, totaux, format d’export : tous les points de contrôle réunis dans une seule fiche pratique.
Comment remplir et transmettre la DPGF aux entreprises
La DPGF est produite par le maître d’œuvre ou l’économiste à partir de l’estimation. Elle est ensuite transmise aux entreprises en phase DCE pour qu’elles la complètent et la renvoient avec leur offre.
Étape 1 : Structurer la DPGF depuis le CCTP
La DPGF doit reprendre exactement la même arborescence que le CCTP. Si votre CCTP est organisé en 8 lots, votre DPGF compte 8 lots, dans le même ordre, avec les mêmes intitulés. C’est la condition pour pouvoir comparer les offres entreprises ligne à ligne et lot par lot.
Dans DeviSOC, cette liaison est native : la DPGF est générée automatiquement depuis l’arborescence du CCTP, sans ressaisie. Toute modification du CCTP (ajout d’une prestation, changement de libellé) se répercute immédiatement dans la DPGF.
Étape 2 : Renseigner les quantités estimées
Pour chaque prestation, vous renseignez la quantité estimée issue de votre métré. C’est la base sur laquelle l’entreprise va appliquer ses prix unitaires. Des quantités erronées produisent des offres non comparables, l’entreprise la moins chère sur un poste peut devenir la plus chère si ses quantités réelles sont supérieures à celles estimées.
Si vous utilisez JustBIM pour le métré sur plan PDF ou maquette BIM, les quantités extraites peuvent être transférées directement dans la DPGF DeviSOC, sans ressaisie.
Étape 3 : Exporter en Excel et transmettre
La DPGF est transmise aux entreprises au format Excel (.xlsx) pour qu’elles puissent la remplir directement. L’export doit être structuré de façon à ce que l’entreprise ne puisse modifier que les colonnes de prix, les autres colonnes sont verrouillées.
Selon le mode de passation de vos lots (prix global et forfaitaire, réel ou dépenses contrôlées), les colonnes visibles et modifiables diffèrent. Assurez-vous que le mode de passation est renseigné dans votre dossier avant l’export, c’est l’une des erreurs les plus fréquentes (voir section suivante).
Étape 4 : Réimporter les offres et comparer
Une fois les offres reçues, vous réimportez les fichiers Excel complétés par les entreprises dans votre logiciel. DeviSOC génère alors un tableau comparatif automatique qui affiche les prix unitaires et les montants de chaque entreprise côte à côte, pour chaque prestation et chaque lot.
Les 5 erreurs les plus fréquentes dans la production d’une DPGF
1. Une arborescence qui ne correspond pas au CCTP
C’est l’erreur la plus coûteuse. Quand les lots de la DPGF ne correspondent pas exactement aux chapitres du CCTP, les entreprises chiffrent des prestations qui ne sont pas clairement définies, ou ignorent des parties entières. On se retrouve avec des offres incomparables et un travail de mise en cohérence qui prend parfois autant de temps que la production initiale.
Une règle simple pourtant consiste à lier la DPGF et le CCTP, ils doivent être produits en parallèle, liés dans le même outil. Tout ce qui est dans le CCTP doit avoir sa ligne dans la DPGF. Tout ce qui est dans la DPGF doit être décrit dans le CCTP.
2. Le mode de passation non renseigné
Si le mode de passation des lots n’est pas renseigné (prix global et forfaitaire, réel ou dépenses contrôlées), le montant du marché n’apparaît pas dans les actes d’engagement. C’est une erreur signalée très régulièrement, à tel point qu’elle fait l’objet d’une entrée spécifique dans la FAQ du logiciel DeviSOC.
À vérifier systématiquement avant tout export, pour chaque lot. Dans DeviSOC, il est possible de renseigner le mode de passation en une action pour l’ensemble des lots, puis de le propager.
3. Des quantités copiées depuis un ancien projet sans vérification
Reprendre les quantités d’un projet précédent est une pratique courante et dangereuse quand elle n’est pas suivie d’une vérification. Des surfaces qui ont évolué, des niveaux supplémentaires, des surfaces hors œuvre nettes différentes : autant de sources d’écarts qui se retrouveront dans les offres et feront l’objet d’avenants en phase chantier.
4. Une DPGF transmise en PDF
Une DPGF en PDF est illisible par un logiciel de chiffrage. L’entreprise devra soit la ressaisir manuellement ce qui augmente le risque d’erreur soit vous renvoyer une offre sur son propre format, que vous ne pourrez pas réimporter directement dans votre comparatif. Toujours exporter en Excel.
5. Omettre les colonnes de sous-totaux par lot
Une DPGF sans sous-totaux intermédiaires par lot rend l’analyse des offres beaucoup plus difficile. Le maître d’ouvrage, qui valide l’attribution, doit pouvoir visualiser le montant de chaque lot et comparer globalement. Sans ces sous-totaux, le rapport d’analyse ne peut pas être produit proprement.
Ce que DeviSOC automatise dans la production de votre DPGF
La DPGF est l’un des documents sur lesquels DeviSOC apporte le gain de temps le plus mesurable. Non pas parce qu’il la génère « tout seul » mais parce qu’il élimine les tâches sans valeur ajoutée qui consomment le plus de temps.
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- La DPGF est liée au CCTP en temps réel, toute modification d’une prestation dans le CCTP se répercute automatiquement dans la DPGF, sans ressaisie
- Les colonnes, sous-totaux, formules et verrouillages Excel sont générés à l’export vous n’avez pas à construire le tableau manuellement
- Les quantités issues du métré (sur plan PDF via JustBIM ou sur maquette BIM) peuvent être importées directement dans la DPGF
- Les DPGF complétées par les entreprises sont réimportées et comparées automatiquement dans le tableau d’analyse des offres
- Les prix validés à l’attribution sont récupérés dans le DQE marché, sans ressaisie entre la DPGF et le document contractuel
Selon une enquête menée par SOC Informatique, les structures utilisant DeviSOC pour la production de leurs pièces écrites gagnent en moyenne 30 % de temps sur chaque DCE, soit jusqu’à 10 heures économisées par projet.
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En résumé
La DPGF est le pivot de votre consultation d’entreprises. Bien structurée, elle rend les offres réellement comparables et accélère la décision d’attribution. Mal produite, elle génère des écarts, des avenants et des pertes de temps qui se répercutent jusqu’en phase chantier.
Pour produire une DPGF fiable : aligner son arborescence sur celle du CCTP, renseigner les quantités estimées avec rigueur, exporter en Excel avec les bonnes colonnes verrouillées, et toujours renseigner le mode de passation avant l’envoi.
Si vous produisez régulièrement des DPGF sur des opérations multi-lots, la liaison automatique CCTP <-> DPGF disponible dans DeviSOC est l’une des premières fonctionnalités qui justifie le passage à un outil dédié.
Pour comprendre comment automatiser l’ensemble du processus DCE : Automatisation CCTP et DPGF avec DeviSOC
Questions fréquentes sur la DPGF
Qu’est-ce que la DPGF en bâtiment ?
La DPGF (Décomposition du Prix Global et Forfaitaire) est un document de consultation envoyé aux entreprises pour qu’elles chiffrent les travaux lot par lot. Elle liste les prestations, les unités de mesure et les quantités estimées par le maître d’œuvre. L’entreprise y renseigne ses prix unitaires pour constituer son offre. Elle est utilisée dans les marchés à prix global et forfaitaire, qui représentent la grande majorité des marchés en construction privée.
Quelle est la différence entre CCTP et DPGF ?
Le CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières) décrit les exigences techniques : matériaux, normes, DTU, modes de mise en œuvre. La DPGF traduit ces exigences en prestations quantifiées et chiffrables. Le CCTP dit « quoi faire et comment ». La DPGF dit « combien ça coûte et comment c’est décomposé ». Les deux documents sont complémentaires et doivent partager la même arborescence (lots, chapitres).
Qui produit la DPGF ?
La DPGF est produite par le maître d’œuvre ou l’économiste de la construction, lors de la phase DCE (Dossier de Consultation des Entreprises). Elle est envoyée aux entreprises en même temps que le CCTP, le règlement de consultation et les plans. L’entreprise la reçoit vierge (sans prix) et la complète avec ses prix unitaires avant de la renvoyer dans le délai de remise des offres.
Dans quel format transmettre la DPGF aux entreprises ?
La DPGF doit être transmise au format Excel (.xlsx). Un fichier PDF ne peut pas être renseigné directement par l’entreprise sans ressaisie manuelle, ce qui augmente le risque d’erreur et empêche la réimportation automatique dans le comparatif d’offres. Le fichier Excel est partiellement verrouillé : seule la colonne « prix unitaire » (et éventuellement « quantité entreprise ») est modifiable. Les autres colonnes restent fixes pour garantir la comparabilité des offres.
DPGF ou DQE : quelle différence ?
La DPGF est utilisée en phase de consultation, elle est envoyée aux entreprises pour qu’elles chiffrent. Le DQE (Détail Quantitatif Estimatif) marché est produit après l’attribution : il reprend les prix et quantités validés de l’entreprise retenue et constitue le document contractuel de référence pour le suivi de chantier. La DPGF est donc l’input du processus de consultation ; le DQE marché en est l’output.
Quel logiciel utiliser pour produire une DPGF ?
La DPGF peut être produite sous Excel, mais cela implique de construire et maintenir le tableau manuellement, sans lien avec le CCTP. Un logiciel métier comme DeviSOC génère la DPGF automatiquement depuis l’arborescence du CCTP, avec les colonnes et formules intégrées, l’export Excel verrouillé et la réimportation des offres pour le comparatif. Le gain de temps est significatif dès la deuxième ou troisième opération.